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La puissante éruption solaire du 28 octobre va engendrer des aurores pour Halloween

La puissante éruption solaire du 28 octobre va engendrer des aurores pour Halloween

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Il y a un an, le Soleil montrait des signes fébriles d’une reprise d’activité, comme prévu après plusieurs années d’un calme relatif. Tout cela est dans l’ordre des choses, car notre Étoile est réglée sur des cycles d’activité de 11 ans en moyenne.

Actuellement, les taches solaires se multiplient, et évoluent parfois en un archipel imposant, qu’il serait possible de voir à l’œil nu à travers un brouillard qui atténue la puissante lumière du Soleil (ne jamais regarder le Soleil directement).

Image spectaculaire du satellite SDO de l'éruption solaire suivie du tsunami qui déferle à la surface du Soleil. Crédit : NASA, SDO

Ce jeudi 28 octobre, à 15 h 35 TU, la puissance du Soleil s’est manifestée violemment à travers la région active AR 2887 qui faisait face alors à la Terre. Après des éruptions solaires de classe M, que l’on peut qualifier de modérée, éructées les jours précédents, le groupe de taches solaires en a cette déclenché une bien plus forte, classée X1 par les astronomes. Ce n’est peut-être pas le degré le plus haut (les X2 sont 10 fois plus puissantes, et ainsi de suite) mais c’est en tout cas la classe la plus élevée. Cette effervescence brutale a provoqué un tsunami qui a déferlé sur la surface du Soleil sur plusieurs dizaines de milliers de kilomètres autour de l’épicentre (voir les images capturées par le télescope spatial SDO ou Solar Dynamics Observatory).

L'éjection de masse coronale (CME) du 28 octobre 2021 dans l'œil du satellite SOHO équipé de son coronographe LASCO C3. Crédit : ESA, NASA, SOHO

Un flot de particules en route vers la Terre

L’éruption a déchargé dans l’espace d’énormes quantités de particules qui sont actuellement en chemin vers la Terre. D’après les simulations de la NOAA, la bourrasque devrait atteindre le champ magnétique de notre Planète ce samedi 30 octobre, autour de 18 h TU, soit 20 h, heure française. Son intensité va créer des aurores polaires que pourront admirer du hublot de leur chambre (et de la cupola commune), les locataires de la Station spatiale — dont Thomas Pesquet qui y passe ses derniers jours à bord —, en ayant presque l’impression de les caresser en les survolant, comme s’ils étaient à bord d’une barque filant sur l’onde, à travers la brume.

Simulations du déferlement de la CME à travers le Système solaire. Située à 150 millions de km du Soleil, la Terre devrait être frappée de plein fouet le soir du 30 octobre, par ce torrent de particules éjecté le 28 octobre. Crédit : NOAA

Sur Terre, les aurores vont danser dans le ciel des hautes latitudes, et le spectacle pourrait s’étendre, selon les estimations, jusqu’à la hauteur sur le globe terrestre de Glasgow, où va s’ouvrir la COP26. Le phénomène devrait se prolonger dimanche, pour le plus grand plaisir des chanceux qui vivent ou voyagent dans ces régions (ce qui concerne le Canada, l’Alaska, le nord des États-Unis, l’Islande, le Groenland, la Scandinavie et la Sibérie).

Les images que nous ont envoyées les satellites d’observation solaire SOHO et SDO, de la NASA, sont très impressionnantes. On peut admirer la CME éjectée par l’éruption solaire se déployer dans l’espace interplanétaire. De son côté, AR 2887 dérive de plus en plus vers le limbe du Soleil et son activité semble se tarir. Les physiciens solaires ne s’attendent pas à ce qu’elle produise de nouvelles éruptions de classe X, mais plutôt d’une puissance inférieure, de classe M.