You've successfully subscribed to Le Cosmographe
Great! Next, complete checkout for full access to Le Cosmographe
Welcome back! You've successfully signed in
Success! Your account is fully activated, you now have access to all content.
Première planète d’un autre Système solaire observée directement par le télescope James-Webb

Première planète d’un autre Système solaire observée directement par le télescope James-Webb

2 min read

Les observations scientifiques du télescope spatial James-Webb ne font que commencer et déjà il y a plein de surprises qui ravissent et excitent les astronomes.

Cette semaine, la NASA a dévoilé la première image directe d’une planète lointaine qui gravite autour d’une autre étoile, l’exoplanète HIP 65426 b. Et les résultats dépassent leurs attentes, ce qui fait dire d’ailleurs à Sasha Hinkley, qui a dirigé l’équipe internationale et l’étude à paraître bientôt : « c’est un moment transformateur, non seulement pour Webb mais aussi pour l'astronomie en général ».

L'étoile HIP 65426, située à 350 années-lumière de la Terre, a été masquée par les différents coronographes des instruments MIRI et NirCam du télescope sptatial James-Webb pour qu'ils distinguer et étudier la jeune planète géante qui lui gravite autour. Sur les deux images de NirCam à gauche, les traits au-dessus et en dessous de l'exoplanète sont des artefacts. Chacune des 4 images montre HIP 65426 b dans différentes longueur d'onde de l'infrarouge proche et moyen. Les chercheurs sont en train d'interpréter les données, en vu de la publication d'un article scientifique. Crédit : NASA, ESA, CSA, A Carter (UCSC), ERS 1386 team et A. Pagan (STScI)

Le principal défi relevé par James-Webb est de distinguer cette géante gazeuse de la lueur aveuglante de l’étoile autour de laquelle elle tourne. Pour cela, les instruments MIRI et NirCam sont dotés de coronographes qui permettent d’occulter la lumière des soleils dont les chercheurs souhaitent sonder l’environnement et leurs planètes. Mission réussie avec HIP 65426 b, une imposante planète, 12 fois plus massive que la plus massive des planètes de notre Système solaire, Jupiter, et une fois et demie plus grande. Connue depuis 2017 quand elle fut débusquée, sur Terre, par l’instrument SPHERE du VLT (Very Large Telescope), l’exoplanète est un monde encore très jeune (entre 15 et 20 millions d’années seulement) qui n’a sans doute pas terminé sa croissance. L’avantage pour les astronomes est qu’elle orbite autour de son étoile à une très grande distance, environ 100 fois celle qui sépare la Terre du Soleil (soit 100 unités astronomiques). Il lui faut quelque 630 années terrestres pour faire le tour de son étoile. Observer directement un tel monde en devenir est bien sûr fascinant, c’est comme regarder à travers un trou de serrure ce qu’il se passe dans un jeune système planétaire, ce qui permet de caractériser la chimie des embryons planétaires, de suivre leur évolution.

« Obtenir cette image revenait à creuser pour trouver un trésor dans l’espace, raconte Aarynn Carter, postdoc à l’université de Californie, c’est elle qui a dirigé l'analyse des images. Au début, tout ce que je pouvais voir était la lumière de l'étoile, mais avec un traitement d'image minutieux, j'ai pu supprimer cette lumière et découvrir la planète ».

Davantage de détails sur ce que l’équipe a pu voir et déceler dans l’atmosphère de la planète géante seront bientôt dévoilés.