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Ll'évolution de l'Univers brodée sur des tapisseries cosmiques

Ll'évolution de l'Univers brodée sur des tapisseries cosmiques

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Dans l’espace, tournant autour de la Terre depuis 31 ans, le télescope spatial Hubble a révolutionné — à l’instar de l’astrophysicien dont il a hérité le nom — notre vision de l’Univers, repoussant toujours plus loin les limites de nos connaissances. Grâce à lui, en l’espace de trois décennies, il nous a été donné de voir les replis de gaz et de poussières des nébuleuses accouchant d’étoiles dans la Voie lactée et aussi au sein de ses voisines, les restes dispersés de supernova, des galaxies comparables à la nôtre, et aussi des plus petites et ténues, des plus grandes et charnues…, et des milliers de milliers de galaxies réunies sur une même image.

Les galaxies les plus lointaines observées dans l'hémisphère nord. Crédit : NASA, ESA, G. Illingworth (University of California, Santa Cruz), P. Oesch (University of California, Santa Cruz; Yale University), R. Bouwens and I. Labbé (Leiden University), and the Science Team

Forêt de galaxies

Ces dernières sont les Hubble Deep Field et Ultra Hubble Deep Field, les champs profonds d’Hubble. Ainsi s’étale sous nos yeux, des images extraordinaires réalisées au prix de dizaines d’heures de pause dans la même direction. Personne n’avait vu cela auparavant : dans un trou de serrure minuscule d’une taille équivalente à 1/13 e du diamètre de la Lune, le célèbre télescope spatial enregistrait la lumière de tous les corps célestes présents dans des zones du ciel terrestre pauvres en étoile (entre autres dans la Grande Ourse). Il y a bien quelques étoiles appartenant à notre galaxie, devant, au premier plan, ce sont les objets les plus proches, mais tout le reste n’est que galaxies. Une forêt de galaxies. Les plus distinctes sont souvent les plus proches, tandis que les taches les plus vagues sont les objets les plus distants. Les premières ne sont qu’à quelques dizaines ou centaines de millions d’années-lumière, les secondes, les plus faibles, jusqu’à 12 milliards d’années-lumière. Leur lumière a mis tout ce temps pour venir toucher l’œil perçant d’Hubble et être capturée par sa caméra WFC2.

Après traitements, les résultats sont tout simplement spectaculaires et grandioses. C’est comme une petite fenêtre ouverte sur l’Univers qui, une fois agrandi, nous étourdit par sa splendeur et l’immense population de galaxies et d’amas de galaxies. Chacune d’elle contient des milliards de soleils et chacun d’entre eux, ou presque, est entouré de plusieurs planètes. Les galaxies les plus lointaines sont naturellement aussi les plus jeunes, gorgées de gaz, et couvant des centaines de milliers d’étoiles en formation. On en voit d’autres prises dans des mêlées, prêtes à s’unir pour devenir plus vastes encore que la Voie lactée et attirée dans leurs piège les moins massives qui passent par là.

Le Hubble Deep Field est un instantané de la valse de galaxies, de la dynamique de l’Univers, depuis ses profondeurs, où se cachent ses origines, jusqu’au présent ou presque présent, à seulement quelques millions d’années-lumière. Nous contemplons un petit morceau d’une histoire commencée il y a plus de 13,7 milliards d’années. Mais nous ne pourrons jamais voir jusque là, un brouillard épais nous en masquant les prémices. Le télescope spatial James Webb, dont le lancement est prévu en octobre 2021, nous en déflorera une partie, jusque aux toutes premières galaxies, et les premières générations d’étoiles.

Dans cette vidéo, la NASA a mis des sons pour chaque source, en l’occurrence que des galaxies à l’exception, au tout début, de la poignée d’étoiles, isolées, qui sont au premier plan, dans notre galaxie. Les sons se multiplient, comme les galaxies observées qui s’ajoutent, jusqu’aux plus lointaines, aux confins de l’Univers.