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Découverte de la plus grande comète des temps modernes

Découverte de la plus grande comète des temps modernes

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C’est la comète des superlatifs : la plus grande découverte aux temps modernes (et peut-être même de toute l’histoire de l’astronomie), la plus massive et aussi la plus lointaine depuis les confins du Système solaire… C/2014 UN271 également nommée comète Bernardinelli-Bernstein a de quoi impressionner. Sa taille est estimée d’après la surface de lumière du Soleil qu’elle réfléchit entre 100 et 200 kilomètres. C’est 5 à 10 fois la taille des plus grandes comètes connues jusqu’à ce jour et jusqu’à 1 000 fois leurs masses.

Leurs découvreurs Pedro Bernardinelli et Gary Bernstein ont mis le doigt dessus en examinant six années de données collectées par un télescope de quatre mètres de diamètre basé sur le Cerro Tololo au Chili, pour le programme Dark Energy Survey. Sur les premières images où elle a été identifiée, en 2014, elle était à quelque 29 unités astronomiques (UA) de nous, c’est-à-dire 29 fois plus loin du Soleil que la Terre (c’est aussi éloigné que Neptune qui orbite à environ 4 milliards de kilomètres de notre étoile).

La comète Bernardinelli-Bernstein en 2017 photographiée par la caméra de 570 mégapixels DECam. Crédit : Dark Energy Survey/DOE/FNAL/DECam/CTIO/NOIRLab/NSF/AURA/P. Bernardinelli & G. Bernstein (UPenn)/DESI Legacy Imaging Surveys

La comète géante s’est rapprochée de 10 unités astronomiques

Les observations les plus récentes, en juin 2021, indiquent qu’elle s’est bien rapprochée depuis puisqu’elle n’est plus qu’à 20 UA (20 fois la distance Terre-Soleil), ce qui reste quand même encore très loin. Les astronomes ont aussi remarqué qu’elle est désormais nimbée d’une chevelure (coma), signe de son réveil, au contraire des premières fois où elle a été aperçue. Les calculs de sa trajectoire ont montré qu’elle n’atteindra le point de son orbite le plus proche du Soleil, le périhélie, que dans 10 ans, en 2031. Sur la petite planète bleue, on peut dormir tranquille, car elle passera à une très grande distance de nous, équivalente à celle de Saturne : 11 UA du Soleil.

L’astre glacé dont l’orbite très allongée est quasiment perpendiculaire au plan des planètes — l’écliptique — est originaire du lointain nuage de Oort, où elle a sans doute été expulsée aux premiers âges du Système solaire. Elle ne visite le centre du système où gravite les planètes que tous les trois millions d’années, ont révélé les chercheurs. Il n’y a aucune chance que nos ancêtres sapiens aient pu l’observer. Combien même, les hominidés de l’époque auraient eu besoin de télescopes pour la remarquer. Les astronomes contemporains, eux, voient cette approche inédite comme une aubaine bien sûr, ils sont ravis de pouvoir étudier un corps si grand, relique du Système solaire primitif, lors de son approche du Soleil.

« Nous avons le privilège d'avoir découvert peut-être la plus grande comète jamais vue, ou du moins plus grande que toute autre comète bien étudiée, et de l'avoir attrapée assez tôt pour que les gens puissent la regarder évoluer à mesure qu'elle s'approche et se réchauffe » a commenté son co-découvreur Gary Bernstein, de l’université de Pennsylvanie.

D’autres comètes géantes se cachent dans le Système solaire

Les astronomes soupçonnent qu’il y a encore beaucoup d’autres comètes géantes cachées dans les marges du Système solaire. Ils sont confiants sur les sondages comme celui de Dark Energy Survey, et d’autres à venir, pour les épingler. Comment se sont-elles retrouvées là-bas ? Telle est la question à laquelle ils cherchent des réponses, à la lumière des théories de mécanique céleste au début de l’histoire de notre Système solaire. Les migrations des planètes géantes dans le passé y sont probablement pour quelque chose. C’est pourquoi la découverte d’autres comètes géantes est « cruciale pour notre compréhension des débuts de l'histoire de notre système solaire », explique Chris Davis, du NoirLab.