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Perséides : des conditions idéales pour observer la célèbre pluie d'étoiles filantes

Perséides : des conditions idéales pour observer la célèbre pluie d'étoiles filantes

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Qui n’a jamais entendu parler d’étoiles filantes se déversant dans les nuits d’été ? Impossible de les ignorer ni de résister, et plus encore si vous résidez à la campagne, pour vos vacances (ou non), dans un lieu protégé des lumières artificielles qui inondent les grandes agglomérations urbaines, loin de ces luminaires qui éteignent les étoiles. À la campagne, à la montagne, voire même en mer, on les voit, par dizaines, plonger dans l’atmosphère. Elles fusent, zèbrent le ciel de leurs traits de lumière, au milieu des étoiles.

Position du radiant de l'essaim météoritique des Perséides d'où semblent surgir les étoiles filantes. Crédit : AMS

Alors, bien sûr, l’expression « étoiles filantes » est usurpée : ce ne sont pas des étoiles qui tombent du ciel, comme on l’a imaginé autrefois pour expliquer le phénomène, mais des grains, minuscules, essaimés par des comètes dont l’orbite les conduit dans le Système solaire interne (où est installée la Terre et ses sœurs rocheuses). Les poussières des Perséides que l’on peut surprendre se désintégrer dans l’atmosphère terrestre de la mi-juillet à la fin août ont pour parent 109P/Swift-Tuttle, une comète dont la période orbitale est de 133 années. À chacun de ses passages depuis des siècles, celle-ci a répandu de grandes quantités de particules à travers une zone que la Terre traverse chaque année. Au plus fort de son activité, dans de bonnes conditions, allongés sur le sol, par une nuit claire et sans Lune — ce qui sera le cas cette année —, vous pourrez compter jusqu’à plusieurs dizaines de météores par heure s’abimant dans la haute atmosphère.

En 2020, le pic de 100 météores par heure a été enregistré au milieu de la nuit du 12 au 13 août. En 2021, il faudra être aux aguets dès la nuit du 11 au 12 août et aussi au cœur de celle du 12 et 13 août, entre minuit et l’aube. Pourquoi à ces heures-là ? Parce que c’est à ce moment que vous aurez le plus de chances d’en voir : quand le radiant — la région du ciel d’où elles semblent surgir —, situé dans la constellation de Persée (dont elles tirent leurs noms), prend de la hauteur dans le ciel. Pour en voir un maximum, le mieux est donc de vous allonger confortablement, avec une couverture, et de viser la région céleste qui s’étend au-dessus du nord-est et de l’est, là où habite le héros de la mythologie qui a coupé la tête de Méduse (l’étoile Algol la représente), près d’Andromède qu’il a sauvé des griffes du Crachen, sous Cassiopée, sa belle-mère (dont la constellation a une forme de W) et au-dessus des Pléiades, qui viennent après lui.

Magnifique Perséide photographiée en 2018 en Chine. Crédit : Dandan Huang, APOD (NASA)

Cette année offre des conditions idéales pour observer ce phénomène céleste, car la Lune, les 11 et 12 août, se couche tôt, laissant derrière elle un boulevard pour admirer le ciel d’été et ses innombrables curiosités. C’est donc la promesse d’une nuit noire tapissée d’étoiles et tachée du lait d’Héra, la Voie lactée. Parmi les astres fixes, les flèches lumineuses de l’essaim météoritique, mais pas seulement : les planètes géantes, Jupiter, resplendissante, et Saturne, sont là, immanquable. Mais, encore une fois, il est impératif de vous dérober à la pollution lumineuse des villes. Sans oublier d’éteindre les lampes et écrans de smartphones qui vous accompagnent, car nos yeux réclament du temps, au moins une dizaine de minutes, pour s’habituer à l’obscurité. Quand enfin ils se sont acclimatés, vous distinguerez alors les lueurs les plus faibles et délicates qui foncent (environ 60 km/h) et s’enfoncent dans la nuit silencieuse. Beaucoup de Perséides sont ténues, impossibles à remarquer en ville, mais dans le noir le plus profond, ils ne vous échapperont pas. Une obscurité qui profite aussi aux bolides, encore plus beaux et impressionnants dans ces conditions. Vous serez en effet ébloui par leur éclats et la trainée qu’ils laissent après leurs désintégrations, visibles plusieurs instants.

Observation des Perséides entre 2014 et 2020. Crédit : NASA, MEO, Bill Cooke

Tout cela fait partie de la magie du ciel d’été, pendant les vacances et de surcroît dans une fraîcheur relative (attention à la rosée au petit matin). Un essaim météoritique que l’on admire, d’année en année, dans un environnement bucolique, écrin de nature détaché du monde moderne, où l’on est aussi à l’écoute de la faune nocturne et où l’on peut aussi, peut-être, entendre les froissements des débris de comètes qui transpercent le ciel transparent.

Image composite de la pluie d'étoiles filantes des Perséides en 2018. Crédit : Petr Horálek, APOD (NASA)

Les pics d’activité des Perséides se déroulent au cours des nuits du 11 au 12 et du 12 au 13 août, mais si la curiosité vous démange, vous pouvez d’ores et déjà les admirer. Pas la peine d’attendre ces dates pour surprendre quelques bolides dans la nuit.